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Voici, dans la plus petite salle de cinéma au monde, un respectueux hommage à Ginger Rogers.

     

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Ginger Rogers

Matériaux?
H.?, L.?, P.? cm (2011).

 

 

Le jour des vingt ans de Ginger Rogers, l'auteur avait deux mois et demi. Quand il eut six ans, il partageait son cœur entre Ginger et l'aviatrice Amelia Earhart, charmant Lindbergh féminin, qui disparut dans le Pacifique cette année-là. L'Amour et l'Aventure. Cette sculpture a pour objet de rendre hommage à la grande artiste que fut Ginger Rogers, toujours reléguée au rang de « partenaire » du premier danseur au monde, Fred Astaire, sans comprendre que c'est son subtil jeu dramatique qui permettait à la passion amoureuse d'habiter leurs films, et d'en assurer le succès inouï et planètaire. On vit plus tard qu'aucune des partenaires successives de Fred Astaire – Eleanore Powell, Rita Hayworth, Leslie Caron, d'autres encore, ne purent jamais rétablir la magie, et les jambes de Cyd Charisse, admirable danseuse, n'allaient pas jusqu'à savoir jouer l'amour, celui qui ravage.
Mais venons-en au fait.
Les religions ont été inventées pour faire oublier aux hommes qu'ils souffrent et qu'ils mourront. Les grands Juifs de Hollywood eurent le génie et la capacité d'en créer une au début du siècle dernier qui fut certainement celle qui, n'étant pas incompatible avec la plupart des autres, apporta plus de satisfaction que tout ce que l'humanité avait connu – dans ces domaines – depuis l'aube des temps. Elle permit, drogue magnifique, aux foules mortes de fatigue, épuisées de travail sur tous les continents de se rendre chaque fin de semaine au cinéma pour vivre d'autres vies. Du rire aux larmes, et à la carte. Mais l'amour, de tous les rêves, était celui qui calmait le mieux la misère des âmes, et l'apparition des films de Fred Astaire et Ginger Rogers fut un choc sentimental unique. Ils dépassaient leur fonction de comédies musicales parfaites où ni les danses, ni la musique, ni les chansons n'ont pris une ride en soixante-quinze ans, et devenaient – pour qui avait eu la chance de les voir – l'archétype du plus éclatant bonheur. Et cela parce qu'une délicieuse beauté dansante, au-delà de toute les modes, avait su montrer à la terre entière la violente et irrépressible progression de l'amour dans le cœur d'une femme. L'auteur est persuadé qu'attendant la mort dans les camps de concentration, d'extermination, dans les prisons, dans les goulags beaucoup se souvinrent de la salle du cinéma de Prague, de Berlin, de Paris, de Varsovie, un soir d'avant-guerre, où ils furent submergés par une immense joie…


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